e.pi.dɛʁm

De l’archéologie à la poésie des Corps

De l’archéologie à la poésie

A partir de bribes de ce que l’on a défini comme géographie du corps, je veux créer des objets magnifiants ces derniers. Je m’intéresse à toutes les corps sauf à ceux dits “normaux”. Ces corps dits “abîmés” parce que trop gros, trop maigre, amputés, brulé, accidentés, etc. le sont également par le discours et le regard que l’on porte sur eux à travers le temps.

Ce projet est né d’une première expérience mêlant photographie et archéologie.

En 2007, j’ai travaillé avec le photographe Humberto Da Silveira sur un projet autour de l’Art Islamique en Israël qui visait à la restauration et reconstruction sur des images numériques. Ce travail de “re-création” archéologique à eu lieux sur plusieurs sites tels que le Dôme du Rocher, la mosquée Al Aqsa et les ruines de Jéricho.

Mon parcours professionnel et artistique m’a ensuite mené auprès de la photographe Sarah Moon avec qui, depuis plus de dix ans,  je suis à la fois retoucheur et opérateur digital.
J’ai ainsi développé auprès d’elle une excellence quant  la réalisation d’image répondant au canon contemporain de beauté des métiers de l’image de mode.

J’ai eu l’opportunité de mettre à profit mon savoir faire pour des maisons de mode et  j’ai pu observer et participer au développement d’une esthétique qui inspire aujourd’hui les nouvelles génération dans la création de contenu visuel.

E.PI.DƐʁM s’inscrit dans cette continuité.

Je souhaite l’inscrire en parallèle de l’histoire de l’art. La sculpture que je veux donner à voir est autre chose qu’un Apollon ou une Vénus dont la beauté se serait contentée de survivre au temps.

La beauté serait ici dans l’unicité caractéristique des corps  et dans la qualité du bronze qui le restituera.

Toutefois il ne serait pas question d’adopter une position politique qui consisterait à s’inscrire dans un mouvement de “body positive”.

La démarche est avant tout poétique et scientifique.

Le choix du bronze comme matériau pour l’œuvre finale en est d’ailleurs témoin.

Dans un premier temps ce bronze ne peut faire référence au phénotype du sujet choisi, c’est tout simplement le bronze d’un corps X.

Dans un deuxième temps, le matériau va se patiner et prendre des accents diffèrent avec le temps, à la manière d’un corps, qui lui ne s’altère pas mais change, a la manière de notre regard qui ne s’altère pas mais change.

S’évader du médium qu’est la photographie

Le processus créatif s’établit sur plusieurs étapes :
– L’acquisition de données par la réalisation de scans 3D du corps de modèles à partir d’une multitude de photos
– La création d’un fichier numérique
– La gravure de ce fichier numérique
– Le fabrication d’un moule
– Le coulage de la cire
– La restitution d’un objet recréé en bronze

Cet objet prendrait la forme d’ un ou de fragment de statues antiques que l’on aurait retrouvé.
Un objet de nature sculpturale qui aurait l’apparence ancienne, cassée, abîmée.
Les scans photographiques du corps sont volontairement fait de façon partielle afin que l’objet élaboré par le biais de l’outil numérique en 3D soit déjà déconstruit.
Le processus créatif commence dès la prise de vue et permet ainsi le moins d’interventions possibles au moment du passage en 3D.

Avec E.PI.DƐʁM, je souhaite developper une pratique personnelle avec comme moteur non plus les attentes d’un commanditaire, mais une démarche artistique qui m’est propre.

Au carrefour des innovations de la conception visuelle et du numérique, je veux interroger à la fois les possibilités artistiques qu’offrent ces dites innovations et les définitions subjectives de la beauté et du corps dans l’histoire de l’art.

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