Portrait en noir et blanc de Georges-Emmanuel Arnaud, lunettes et t-shirt noir.

Faire et défaire, construire et déconstruire, être en mouvement sans agitation.

Je travaille au croisement des patrimoines, du corps en mouvement et des technologies. Formé en histoire de l'art et en photographie, j'ai appris auprès de Robert Delpire, Sarah Moon et Humberto da Silveira, comme assistant, retoucheur et opérateur numérique. Aujourd'hui je sculpte, je photographie, je scanne et je capture le mouvement, et je dirige les structures qui portent ce travail. Matériel et immatériel, mémoire et biologie, hardware, software et wetware. Dans la Caraïbe et au-delà.

Photographie noir et blanc : femme au grand chapeau et aux lunettes rondes blanches, sur fond gris.

Le Grain, la Page & le Défaut.

J'ai appris la photographie à l'école et je n'ai jamais quitté le noir et blanc. Je travaille en argentique et au Polaroid pour ce que ça impose : la matière, le grain, l'accident qu'on ne rejoue pas. J'ai appris à regarder auprès de Sarah Moon et d'Humberto da Silveira, et à construire dans l'édition : une image se pense dans une page, une page dans une séquence, une séquence dans un livre. Puis j'ai passé près de vingt ans à retoucher, en haute couture et en magazine, à faire disparaître le défaut sur les images des autres. Ce corpus est le versant inverse : ce qui reste quand j'arrête de corriger.

Musiciens en répétition dans le Studio Karea, en noir et blanc.

Le Kare, la place où l'on se rassemble.

Kare, en créole : le carré, la place où l'on se retrouve. Et Kenya Area, pour ma fille. C'est mon espace de création depuis 2008, et ce n'est pas un parc de matériel. Le studio ne possède rien. Chacun arrive avec ses outils : moi, ANISOTROPIE, CARIALITY, les artistes en résidence. On y photographie, on y tourne, on y répète, on y scanne, on y capture le mouvement, on s'y rencontre. Un espace de création vivant, au Vauclin.

Portrait beauté retouché : fards violets et orangés, lèvres rouges.

Vingt ans à faire disparaître le défaut.

Mon métier. Retouche créative pour la mode, la beauté et le luxe, depuis Paris puis depuis la Martinique. J'ai commencé en laboratoire, à Belleville, avant de travailler comme assistant et opérateur numérique auprès d'Humberto da Silveira, puis quatre ans chez Delpire Éditeur : InDesign, typographie, mise en page, tous les jours. Ma première retouche pour Sarah Moon date de 2007 ; j'ai fondé CRBYGEA en 2012. Depuis : Vogue Italia, Vogue Germany, Numéro, Another Magazine, Dior Homme, Kris Van Assche, Valentino, Chanel Joaillerie, Hermès Petit h, et les campagnes Giorgio Armani photographiées par Sarah Moon.

Assiette de raviolis vue de dessus, baguettes posées sur une table en bois.

Restaurant fictif, chef fictif, repas réels.

La Cantine du Studio est un restaurant qui n'existe pas. Je n'en suis pas le chef, j'en suis le chef fictif. Elle ouvre chaque fois que je cuisine pour les gens qui travaillent ici : une résidence, un tournage, un atelier, une réunion qui s'éternise. Les légumes viennent du jardin autant que possible. Le temps vient toujours de moi. Depuis 2016, j'ai un nom pour ça.

Torse sculpté au centre d'une vitrine chargée d'objets, en noir et blanc inversé.

Épiderme, Poésie des Corps & Archéologie.

Des vestiges en bronze excavés de leur moule, avec leurs gravats. Une exploration des formes dites monstrueuses et de ce que le temps dépose sur les corps.

Detective Philibert : silhouette en costume blanc dans une rue pavée, la nuit, un volcan au loin.

Produire ici ce qui se produisait ailleurs.

CARIALITY est un studio de production numérique basé en Martinique. Capture de mouvement et de performance, jumeaux numériques, temps réel sous Unreal Engine, VR, CGI. Nous produisons pour des commanditaires, et nous développons nos propres titres, dont Detective Philibert, enquête située dans la Martinique des années 1890. Les compétences existent ici ; ce studio sert à ce qu'elles n'aient plus à partir.

Bambous contre un ciel bleu.

Un bassin vide, un volume à remplir.

Achevée en 2026. Un bassin qu'on ne remplit plus d'eau : un volume, des parois, de la profondeur, de quoi tourner, capturer, projeter, répéter. La Piscine n'est pas un lieu public. C'est une extension de mon monde, que j'ouvre à ceux avec qui je travaille et aux structures que je porte.